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Le mois dernier, Hintonburg voyait naître un nouveau restaurant spécialisé dans les pizzas cuites sur feu de bois, à l’emplacement précédemment occupé par la défunte bijouterie située au coin de Wellington West et de la rue Hinton. La pizzeria Tennessee Willems avait lancé la mode il y a plus d’un an déjà, et nul doute que la popularité indéfectible de l’endroit hip de l’heure a inspiré Anthony. Entre l’entrée et la pizza, le sympathique Italien ne s’est pas fait prier pour me raconter son histoire. Ayant travaillé plus de vingt ans dans l’entreprise familiale des Balestra, juste de l’autre côté de la rue (le salon de quilles Westpark Bowling Centre), Anthony a décidé d’ouvrir sa propre pizzeria, la première du genre opérée par un Italien à Ottawa, à ce qu’il dit.

L’endroit, convivial et sympathique, inspire les moments simples et complices. La cuisine ouverte laisse voir le four à pizza d’où émergent des croûtes bullantes et appétissantes. Les roulettes à pizza sont disponibles sur toutes les tables et invitent au partage. Le menu est simple : soupe minestrone, deux salades, des entrées de viande, une dizaine de variété de pizzas, quelques plats de pâtes. La Birra Moretti est offerte en fût. L’absence de carte des vins oblige le client à demander les choix au serveur, qui s’empresse d’envoyer Anthony lui-même suggérer un verre aux assoiffés. Ce qu’il appelle le « vin à pizza » (pizza wine) est en fait un vin rouge mousseux et fruité, servi froid, assez original, mais qui m’a tout de même laissée perplexe. J’ai préféré me retrancher ensuite sur un traditionnel Masi.

Anthony nous a raconté que lors de l’ouverture du restaurant, sa grand-mère octogénaire est venue l’aider à rouler des boulettes, enseignant du même coup à son petit-fils la recette familiale. Il n’en fallait pas tant pour m’inciter à les goûter. Les copieuses boulettes de viande sont légèrement aromatiques et servies dans une sauce tomate toute simple. Presque trop simple, en vérité. Les saucisses épicées offrent davantage de saveur et réchauffent agréablement la langue d’un piquant bienvenu.

Les pizzas, de facture classique, sont assez satisfaisantes. La croûte mince est à la fois craquante et moelleuse sous la dent. La sauce tomate toute simple manque un peu de panache, mais a le mérite de laisser place aux garnitures choisies. La pizza margarita, généreusement recouverte de mozzarella fraîche, pourrait être servie avec davantage de basilic. La bouchée du centre est restée la meilleure et, fort heureusement, je l’avais gardée pour la fin. La quattro stagioni propose quatre styles différents, une à chaque quart de cercle : olives noires, artichauts, tomates séchées au soleil et prosciutto. S’il est intéressant d’alterner d’une garniture à l’autre entre les bouchées, mélanger le tout sur la surface de la pizza aurait sans doute été encore meilleur.

Le rapport qualité-prix est fort intéressant (surtout quand on en rapporte la moitié à la maison) et la croûte à pizza d’Anthony’s est sans aucun doute la meilleure que j’ai goûtée à Ottawa. Cependant, à tout prendre, j’aimerais sans doute mieux retourner au Tennessee Willems, où la sauce aux tomates rôties est meilleure, et le basilic plus abondant. Où je me rendrai compte que l’endroit est encore et toujours plein et qu’ils ne prennent plus les réservations. Ce qui me fera faire demi-tour pour marcher jusqu’au Anthony’s, parce que j’ai vraiment envie d’une pizza sur feu de bois.

Gargamelle ne sera sans doute pas la seule à faire l’aller-retour.
Anthony's on Urbanspoon