Tags

, , , , ,

La semaine passée, j’ai participé à la Promenade de Jane dans mon quartier d’Ottawa. Avec des amis, sous un soleil fort agréable, j’ai trotté d’une boulangerie à un stand à tacos, d’une pizzéria à un resto, pour me faire raconter par les propriétaires et leur chef la petite histoire gourmande de leur établissement. Nous nous sommes arrêtés devant le Hintonburg Public House, ouvert depuis décembre 2011. L’endroit, coincé entre le Isobel’s Cupcakes et le Bridgehead, est encore mal identifié : les établissements du bloc doivent régler leurs démêlés avec le Comité consultatif sur le patrimoine d’Ottawa afin d’obtenir la permission d’afficher leur nom sur la devanture. Alors qu’une foule assez impressionnante s’était amassée devant son restaurant, la propriétaire du Public House nous a expliqué sa philosophie : une alimentation saine et locale à petit prix. Une niche, selon elle, absente du quartier, où la réputation des restos plus huppés comme l’Allium, l’Absinthe ou le Gastropub n’est plus à faire. Les prix de ses plats sont assez alléchants pour que les gens puissent venir s’en régaler plusieurs fois par semaine, dit-elle. Personnellement, je ne connais personne qui va au même resto trois fois par semaine, mais bon…

Mercredi dernier, il s’agissait de ma troisième visite au Public House. J’y avais été pour la première fois en janvier avec des amis. J’avais trouvé que l’endroit avait du potentiel, avec ses parquets en bois et ses chaises dépareillées. La vaisselle « de Chine » semble sortie tout droit du vaisselier de grand-maman. Des votives dans des pots Mason sur chaque table ajoutaient une touche particulière à ce pseudo-pub à saveur « hipster ».  Si ce n’était de l’antique buffet de bois peint en turquoise derrière le bar, l’endroit en serait presque minimaliste avec ses murs blancs et ses toiles d’artistes émergents. Le service était courtois et omniprésent. Le sandwich à l’agneau était goûteux et la laitue boston fondait sous la dent. Sauf que j’étais ressortie de l’endroit avec les pieds glacés, malgré ma combinaison habituellement infaillible de bottes d’hiver et de bas thermiques. Et tout le monde sait que, quand j’ai les pieds gelés, je me transforme en véritable monstre. Grrr…

À ma deuxième visite, ce printemps, j’y rencontrais des amis pour une bière en fin de soirée : resto bondé, musique forte, ambiance à la fête et conversations criées par-dessus des pintes de bière. La cuisine était fermée, mais le menu proposait des collations de bar. Le fromage bleu et les betteraves étaient satisfaisants et se partageaient très bien, mais j’avais trouvé que l’œuf vinaigré qu’on m’avait servi pour 2 $ était très petit.

Cette fois-ci, j’allais au Hintonburg Public House munie d’un esprit critique affûté par mes visites précédentes. À 16h30, c’est la propriétaire qui m’a accueillie dans son resto presque désert. Elle avait l’air épuisée et, quoique polie, n’a pas daigné me regarder dans les yeux ou me sourire. Mon amie et moi avons trouvé que la musique était un peu trop forte, mais quand l’endroit s’est rempli, le bruit des conversations a permis de l’étouffer un peu. L’ambiance était sympathique et le service décontracté. On a pu prendre l’apéro tranquillement avant le repas et terminer nos verres sans se faire pousser dans le dos pour commander ou payer l’addition. Une touche fort agréable.

Le menu liste des bières majoritairement brassées «localement » : Beau’s, Mill Street, Muskoka, Hog’s Back, etc. Les vins, surtout des Ontariens, sont tous offerts à la bouteille ou au verre, une option que la plupart des bars à vin ne permettent même pas. En entrée, nous avons partagé le maquereau (11 $). Enfin, ce qui remplaçait le maquereau, c’est-à-dire de savoureux morceaux d’omble chevalier fumé. C’est un des « inconvénients » d’avoir un menu saisonnier et local : parfois, lorsqu’un ingrédient vient à manquer, il faut le remplacer à la dernière minute. Cela m’importe peu, mais mon amie a été déçue par les substitutions. Les morceaux de poisson étaient servis sur un lit de céleri rave, d’oignons verts et de mayonnaise fumée. Les textures croquantes et crémeuses se mariaient à merveille avec la chair délicate et fumée du poisson, mais je suggère fortement de partager cette entrée riche et copieuse. Nous avons d’ailleurs demandé du pain pour se rincer le palais.

Ensuite, mon amie a choisi le pain naan avec chou-fleur rôti, chou frisé, lime séchée et soubise (béchamel à l’oignon) (14 $). J’ai opté ensuite pour le burger aux oignons caramélisés, servi avec une sauce au fromage bleu et une feuille de laitue (14 $). Sans prétention, mais efficace. La fille en moi était particulièrement enthousiasmée par le mignon bol de ketchup maison qu’on m’a apporté. La facture était vraiment raisonnable, comme promis : moins de 45 $ pour deux bières, un burger et une demie-entrée.

L’endroit ne prend pas les réservations, sauf pour les groupes de 10 personnes. S’il reste de la place, le Hintonburg Public House propose une atmosphère de pub urbain (i.e. : le contraire du pub sportif) idéale pour relaxer, prendre un verre avec des amis, discuter et refaire le monde. Du décor à la musique, de la nourriture à la clientèle, le Public House est l’incarnation parfaite du nouveau Hintonburg : simplicité huppée pour yuppies, hipsters, dinks et autres zurbains engagés légèrement marginaux.

Comme moi !

Hintonburg Public House
1020, rue Wellington Ouest
613 421-5087
The Hintonburg Public House on Urbanspoon