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Dimanche midi. Il fait chaud. Une chaleur d’été, sèche et venteuse, de pollen et d’asphalte chaude. Ça sent le barbecue. Pendant mon jogging dans les sentiers de la ferme expérimentale, je me dis que je pourrais justement sortir mon barbecue de sa longue hibernation. Sauf qu’il y a des chances que la bonbonne de propane soit vide.

Soudain, éclair de génie, illumination totale : je pourrais enfin essayer le Hintonburger. Le casse-croûte du coin fête ses deux ans d’existence le 1er juillet prochain. Et l’entreprise va bien, semble-t-il : ils servent environ 1 500 burgers par mois ! J’en ai entendu parler en bien par plusieurs amis, qui ne jurent que par leurs burgers et leurs pogos végétariens. Tellement populaire que le resto est déménagé dans l’ancien PFK au début 2012. Et je n’y ai jamais été. Je sais, honte à moi… Mais il faut m’excuser : je mange de la malbouffe si peu souvent ! Qu’à cela ne tienne, j’ai été une bonne fille et je le mérite !

En arrivant, naturellement, le resto est plein. J’attends en file pour passer ma commande et j’en profite pour observer les lieux. L’intérieur a l’air d’un casse-croûte. L’endroit n’accepte que l’argent comptant, mais il y a un guichet automatique à côté de la porte. Le décor est simple, il y a quelques dessins enfantins de hamburgers sur les murs, une peinture illustrant les deux emplacements du casse-croûte. Un débouche-bouteille Coke au look antique est boulonné au mur. Le menu, écrit sur le mur derrière le comptoir, reflète le caractère de l’endroit : burgers, hot dogs, frites et poutine, liqueur, lait frappé. Il y a deux passe-plats dans le mur : l’un pour commander, l’autre pour recevoir. Entre les deux peut s’écouler un petit moment, de quoi s’impatienter quand on a faim. C’est d’ailleurs un des commentaires qui revient souvent dans mon entourage quand on parle du Hintonburger. C’est bon, mais c’est long.

On reçoit notre commande et on s’empresse de prendre les condiments nécessaires pour s’enfuir dans le parc voisin. De la bouffe de casse-croûte, ça se dévore au soleil sur une table de pique-nique. Mes oignons français sont tièdes. Déception. Mais mon burger Armstrong est très bon : une boulette de 4 oz de steak haché d’un producteur local, ketchup, relish, laitue, cornichons et navets marinés. Un classique tout juteux, qui dégouline le long des doigts. Ce n’est pas le meilleur burger que j’ai jamais mangé. La palme d’or revient, j’ai honte de le dire, à un burger quadruple bacon du McDo à côté de la cathédrale de Cologne, en Allemagne. Remarquez, il se peut que ce soit la kölsch que j’ai bue ce soir-là qui m’a donné cette impression. Mais celui du Hintonburger fait partie de mon top 15. J’ai regretté de ne pas avoir pris le burger Wellington, avec sa boulette de 6 onces.

Le pogo végétarien de mon conjoint est surprenant. Il est gros, gras, moelleux à l’intérieur et croustillant à l’extérieur. Je m’attendais à une petite chose maigrichonne et un peu sèche qui goûte le tofu. Bon, d’accord, il goûte le tofu, mais un bon tofu fumé. Sa poutine est correcte, mais pourrait être meilleure, ne serait-ce que parce que les frites sont molles. Quand on mange de la poutine aussi souvent que moi, c’est-à-dire deux fois par année, on ne veut pas ‘gaspiller’ sa poutine semestrielle sur quelque chose d’inférieur à la moyenne. Et celle-ci n’est pas encore à la hauteur de celle du Jean Burger (Wakefield), de la Banquise (Montréal), de Poutineville (Montréal) ou du Ashton’s (Québec).

En somme, le Hintonburger est ce qu’il est : un casse-croûte sans prétention servant de la malbouffe faite maison, avec des bons et des moins bons résultats. Si vous y allez avec le cœur pur et une envie irrésistible de gras, vous serez servi. Mais pas trop vite.

Hintonburger
1096, rue Wellington Ouest
613 724-4676
Hintonburger on Urbanspoon

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