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Calgary vu du pont de Centre Street

Bankers Hall sur l’avenue Stephen

Si vous avez lu mon billet sur mon voyage dans l’Ouest canadien récemment, vous savez que je n’ai pas beaucoup aimé le centre-ville d’Edmonton. Il en va autrement de celui de Calgary. La rivière et Prince Island sont jolis, le quartier chinois est plus coloré et lustré que celui d’Ottawa. La Calgary Tower est un bon point de repère pour se guider lorsqu’on a perdu le nord. Les immeubles et les gratte-ciels sont de formes et de matériaux différents mais complémentaires. L’avenue Stephen (8e avenue), rue pédestre où s’alignent restos, boutiques et bistros, m’a fait penser à la rue Sparks d’Ottawa.

À chaque coin de rue, on trouve un steak house, un restaurant dont la spécialité est le steak. J’espère bien ! L’Alberta est réputé pour son bœuf de qualité. L’élevage de bovin représente d’ailleurs la majorité de la production agro-alimentaire de cette province faite de montagnes rocheuses et de pâturages (j’exclus les sables bitumineux du paysage, affront à ma fierté canadienne). Inutile de dire que, en tant que foodie, l’objectif de mon passage à Calgary, outre que j’y allais pour le travail, était de m’attabler devant un filet mignon albertain vieilli à sec par le restaurant. Si on peut en trouver à la Queue de Cheval à Montréal, je ne vois pas pourquoi le pays du steak en serait dépourvu.

Apparemment, c’est plus difficile à trouver qu’il n’y paraît. Lors de mon passage à Banff, on m’avait suggéré Ruth’s Chris Steak House. Lorsque j’ai su que cette chaîne achète sa viande aux États-Unis, j’ai décidé de passer mon tour. J’ai donc déambulé dans les rues en m’arrêtant devant les menus affichés en vitrine pour finalement opter pour le Chicago Chophouse. À l’hôtel, on m’avait avertie que les gens y vont autant pour la déco tape-à-l’oeil que pour le steak, mais, qu’à cela ne tienne, ce resto a au moins la décence de servir de la viande albertaine et de la faire vieillir dans leur chambre froide.

Le Chicago Chophouse est assez opulent : tables hautes avec des chaises en cuir, cellier walk-in vitré au centre de la salle à manger,  immense bronze représentant un bœuf à cornes au-dessus de la porte d’entrée, vases remplis de bouchons de liège, mur de pierre des champs, plancher de bois franc brun foncé, deuxième étage mezzanine bordé d’une balustrade vitrée. La clientèle était très bien habillée, de toute évidence pour des rendez-vous d’affaire. La musique pop rock m’a paru inappropriée à tant d’opulence. Un style lounge ou jazz m’aurait plu davantage.

Carte des vins du Chicago Chophouse, un iPad

La serveuse nous a présenté la carte des vins, un iPad où le client peut s’amuser, d’un simple toucher du doigt, à comparer les notes de dégustation des vins qui le tentent. Puis, elle nous a présenté sur une assiette les différentes coupes de viande offertes par la maison. C’était très intéressant de pouvoir comparer la marbrure et la taille d’un new-york et d’un filet mignon.

Mon potage de courge musquée était servi bouillant comme je l’aime. Il était assez consistant, presque une purée de courge au lieu d’une soupe. Mon patron a farfouillé un instant dans sa salade César, qu’il avait choisie spécialement parce qu’elle contenait du bacon de sanglier, sans parvenir à le trouver. Il a prévenu la serveuse, qui a amené un petit bol de morceaux de bacon en s’excusant. Le pain chaud est arrivé, mais après la soupe, avec de l’huile d’olive à l’ail, du beurre, du vinaigre balsamique vieilli et un bol de chips maison dans une sauce à l’aneth.

Et puis a commencé l’attente.

30 minutes d’attente pour nos steaks.

Celui qui m’a semblé être le responsable du plancher ce soir-là est venu nous dire que ce ne serait plus très long. Pour se faire pardonner, il m’a servi un malbec aux frais de la maison. Avec du liège dedans. Inutile de dire que je lui en ai demandé un autre.

15 minutes plus tard, sont arrivés nos steaks. Mon filet mignon était saignant à la perfection, avec une magnifique croûte d’épices. Une véritable œuvre d’art, qui s’est avérée le meilleur steak jamais dégusté dans l’histoire des grillades :

N’est-ce pas magnifique ?? En accompagnement, des asperges vertes et blanches grillées et des pommes de terre biologiques bleues, blanches et rouges en robe des champs. Ces dernières, promettait le menu, devaient être parfumées à l’huile de truffe, mais elles ne l’étaient pas. Comme je commençais à me sentir gênée de retourner des plats en cuisine, j’ai préféré m’abstenir de tout commentaire et manger mes patates normales en silence. En attendant le dessert, j’ai été faire un tour aux toilettes. Et voici ce que j’ai vu :

Toilettes du Chicago Chophouse

Une salle de bain digne d’une école secondaire. Charmant. Au prix du steak (38$ sans les accompagnements), le resto devrait investir dans la déco de ses toilettes.

À mon retour à table, m’attendait une croustade chaude aux pommes et à la cassonade, avec une sauce au caramel et un gelato à la cannelle. Un délice à partager, parce que voilà un dessert de taille respectable. Le chef est venu nous voir à table, attiré sans doute par le carnet rouge de blogueuse et l’appareil-photo qui trônaient sur le coin de la table. Je ne suis pas une foodie très discrète, que voulez-vous. Il m’a fait visiter sa cuisine et sa chambre de vieillissement. Il était très charmant et ma visite guidée instructive. Il m’a fait promettre de lui envoyer une copie de mon billet sur et, à la fin, il a fini par nous offrir aussi le dessert !

En somme, le Chicago Chophouse semble être un endroit où tout peut arriver, le meilleur comme le pire. Le service ce soir-là était très bon, mais par contre les employés en cuisine semblaient confus. J’ai mangé le steak de ma vie mais j’ai attendu 45 minutes pour lui. J’ai soupé dans un décor huppé et je me suis lavé les mains dans une salle de bain moins jolie que celle de mon gym. Mais pourquoi rouspéter ? Après tout, mon souper était payé par mon employeur.

Si j’avais payé la note, j’aurais peut-être été incapable de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Chicago Chophouse
604, 8e Avenue Sud-Ouest
Calgary (Alberta)
403 265-3000

Chicago Chophouse on Urbanspoon