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On m’avait dit que Vancouver était une ville magnifique. En effet. Sise entre les montagnes rocheuses et un bras de mer, son centre-ville est superbe et c’est un endroit très intéressant pour marcher ou pour courir. Les quartiers ont tous un petit quelque chose de particulier. J’ai particulièrement aimé Gastown, avec ses lampadaires fleuris, ses galeries d’art amérindien, son horloge à la vapeur et ses ruelles historiques. J’ai aussi pu constater que, même si on est tous Canadiens, il y a tout de même des différences culturelles importantes entre Vancouver et Ottawa.

À Vancouver:
– les sans-abris ont élu domicile à l’entrée des théâtres et des cinémas au lieu des entrées de Tim Hortons et de McDonald ;
– les gens attendent en file indienne aux arrêts d’autobus au lieu de se placer en tapons ;
– le service à la clientèle y est toujours exceptionnel, alors qu’à Ottawa c’est tout ou rien ;
– le SkyTrain semble fonctionner sur un système d’honneur, puisqu’il n’y a aucune barrière empêchant l’accès aux quais et que personne ne vérifie les billets ;
– les gens vous regardent dans les yeux quand ils vous croisent dans la rue au lieu de contempler le bout de leurs chaussures.

Et on y mange bien. Je partage donc ici mes expériences culinaires et gustatives sur la scène gastronomique de Vancouver, mes coups de cœur et mes observations de gourmande en voyage.

Twisted Fork

Mon premier restaurant à Vancouver a été choisi par nécessité : il pleuvait à boire debout et je voulais un endroit tout près de mon hôtel. J’ai donc couru de l’autre côté de la rue pour retrouver des amis au Twisted Fork, un petit resto qui est devenu ma référence, mon point de comparaison, pour tous les autres restos de Vancouver. Le resto a une ambiance feutrée et romantique. Lumières tamisées, plafonds en boiserie, musique jazz et R&B, cuisine ouverte à côté du bar. Le menu est bien balancé et met en vedette des aliments locaux. La carte des vins et des cocktails est bien fournie.

Nous avons partagé des rillettes de canard, servies dans un pot Mason, avec des croûtons sur de la laitue, des cornichons et choux de Bruxelles marinés, et une moutarde au wasabi. Superbe combinaison. Toutes les marinades sont faites maisons, comme le prouve un mur complet couvert, du plancher au plafond, de conserves, de petites jarres et de pots de toute sortes, que j’ai découvert à l’arrière du restaurant. Comme plat principal, j’ai opté pour le jarret d’agneau, servi avec une polenta de gorgonzola, des fèves et des carottes, une sauce orangée sucrée et un excellent pain maison. À 24,50$, c’était tout une aubaine ! Le même plat à Ottawa aurait coûté au moins 35 $ dans les restos que je fréquente. Comme quoi tout n’est pas hors de prix à Vancouver…

Twisted Fork Bistro on Urbanspoon

Medina Café

Le Medina Café semble minuscule, à peine un corridor, mais il s’élargit dans une grande salle carrée à l’arrière de la bâtisse. Un mur de fenêtres éclaire des peintures d’artistes locaux accrochés aux murs de brique, tandis qu’un luminaire original orné d’ampoules aux allures antique ajoute une touche steam punk à l’endroit. Comme musique, un disque de chansons de Radiohead à la sauce reggae. Les serveurs sont jeunes, la clientèle aussi. Personne de plus de 35 ans. L’endroit, affilié à la brasserie belge d’à côté (qu’on m’avait d’ailleurs chaudement recommandée), sert une ale maison en bouteille de 600 ml. D’une belle couleur cuivrée, la Chambar est une bière au nez sucré, qui est vraiment surprenante.

On a commandé des andouilles, servies avec une sauce hoisin, et un plat d’olives comme apéritif. Les meilleures olives que j’ai mangé depuis mon voyage en Andalousie, c’est tout dire. Comme plat principal, j’ai choisi le thon basque. Le thon était sec, servi avec beaucoup de câpres et de mini olives noires qui rendaient le plat très et trop salé.

La toast aux raisins de Corinthe et aux câpres qui accompagnait le thon était de loin la meilleure partie de mon plat. Le plat de mon patron, des saucisses avec un tzaziki rafraîchissant, était bien mieux cuisiné. Peut-être que j’ai manqué de chance !

Cafe Medina on Urbanspoon

Granville Island Brewing Co.

L’île Granville, dans la fausse crique juste au sud du centre-ville, est l’un de mes endroits préférés de Vancouver. On y retrouve des galeries et une école d’art, un grand marché et d’innombrables petites boutiques pour les grands et moins grands. Lorsque j’ai vu qu’on y brassait de la bière, j’ai bien été obligée de m’y arrêter. Professionnellement parlant…  La brasserie est un endroit de dégustation seulement. On ne peut y servir qu’une quantité limitée de bière par personne.

Naturellement, j’ai choisi de goûter le plus d’échantillons possibles : une bière de saison au gingembre au goût assez délicat ; une Lager au miel qui ne goûtait pas du tout le miel ; une Hefeweizen aux parfums de girofle et de banane ; une IPA très houblonnée ; une Pale Ale qui goûtait le caramel et le malt rôti ; et une Cream Ale à l’érable qui, tout en étant délicieuse, n’est pas vraiment mon genre. Notre serveur, un Irlandais tout mignon qui s’est fait un plaisir de discuter avec nous, nous a également fait goûter la bière à la framboise, rosée, délicate et rafraîchissante. J’ai dégusté d’autres bières locales pendant mon voyage dans l’Ouest canadien, mais celles de Granville Island sont les seules dignes de mention.

Artisan Sake Maker

L’île Granville recèle un trésor : le premier fabriquant de sake (alcool de riz) en Amérique du Nord. Pour le moment, Masa Shiroki importe son riz du Japon, mais il espère bientôt démarrer sa propre production agricole de riz en Colombie-Britannique. On ne trouve pas plus local, comme sake ! J’ai goûté à cinq différents sakes, tandis que le connaisseur Kevin m’expliquait le mode de production du sake et comment cela influence les différents goûts des produits. Inutile de dire que je suis repartie avec une bouteille du meilleur sake (selon moi) : le Junmai Nama Genshu, bien sec, aux arômes de fruits tropicaux, qui se déguste froid. J’ai aussi acheté un gros pot de sake kasu, qui est en fait la pâte de riz fermentée qui reste après la production du sake. C’est comme ça qu’on ramène dans ses bagages la gastronomie nippo-canadienne !

Artisan Sake Maker on Urbanspoon

Cats Socialhouse

Ce restaurant, situé sur l’île Granville aussi, m’avait été proposé par le serveur de la brasserie. Et il s’agissait d’une excellente suggestion. C’est le meilleur repas que j’ai fait à Vancouver après celui du Twisted Fork. Il faisait beau ce midi-là, alors on s’est installés sur la terrasse, comme tous les autres clients, en regardant les bénévoles s’activer dans les tentes du festival Fringe.

J’ai commandé un bol de poulet grillé, accompagné de chou rouge braisé au feta et aux olives noires. Le poulet était bien épicé, avec une sauce tomate maison simple, mais rafraîchissante. Le chou était sucré, la salade pleine de protéines… Pour 16 $, c’était vraiment bien cuisiné. Je retournerais à Granville Island avec plaisir. C’est une des parties de Vancouver que j’ai le plus apprécié, et le Cats Socialhouse y est pour quelque chose.

Cats Socialhouse on Urbanspoon

Je sais, c’est un billet un peu long… Ce n’est pas comme si j’allais à Vancouver à tous les jours, autant en profiter !

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